Ernst Theodor Amadeus Hoffmann

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Ernst Theodor Amadeus Hoffmann

Message  andersen le Ven 16 Jan - 23:39

Merci d'avoir créé cette partie !!

Avant de compléter mon sujet, une petite biographie de ce bonhomme (tirée de Wikipédia) :

Ernst Theodor Wilhelm Hoffmann, dit Ernst Theodor Amadeus Hoffmann ou E.T.A. Hoffmann, est un écrivain allemand fantastique et romantique, mais également un compositeur et un dessinateur ainsi qu'un juriste. Il est né le 24 janvier 1776 à Königsberg et mort le 25 juin 1822 à Berlin à l'âge de 46 ans.
Il échangea en 1812 son troisième prénom Wilhelm avec celui d'Amadeus en hommage à Mozart, son modèle.

Réception de l'œuvre d'Hoffmann dans la France romantique : création d'un mythe romantique :

Si les premières années du XIXe siècle sont marquées par le succès populaire du roman noir, ou gothique (de l'anglais gothic tales), dont les auteurs les plus connus sont Ann Radcliffe et Horace Walpole, et du roman historique de Walter Scott, la fin des années 1820 en France voit la littérature d’imagination menacée par les exigences d’un public nouveau. Des journalistes du Globe, Jean-Jacques Ampère et Prosper Duvergier de Hauranne, se tournent alors vers l’Allemagne et voient en E.T.A. Hoffmann l’auteur capable de régénérer cette littérature d’imagination. Ampère forge d’ailleurs un nouvel adjectif, « fantastique » (d’après le grec το φανταστικόν, qui désigne la faculté de se créer des illusions) pour l’accoler à l’œuvre de l’auteur allemand. Ainsi, le mot Fantasiestücke, qui apparaît dans le titre de son recueil le plus fameux, Fantasiestücke in Callot's Manier, devient par un glissement de traduction Contes fantastiques.

Hoffmann s’était précédemment fait connaître en France par l’installation à Paris en 1822 (l’année de sa mort) de son ami le Docteur Koreff, personnage brillant et prestigieux, qui rencontra Adolphe Loève-Veimars (1799-1854), jeune homme distingué et ambitieux. Ce dernier, fasciné par la vie et l’œuvre de l’auteur allemand, entreprit une traduction en vingt volumes des Œuvres complètes qu'il ouvrait par une préface de lui-même et une introduction de Walter Scott, « Sur Hoffmann et les compositions fantastiques », dans laquelle l'écrivain écossais accusait Hoffmann de violer constamment le réel. La première mention du nom d’Hoffmann apparaît en 1828 dans la revue de Balzac, Le Gymnase, puis le 2 août de la même année dans Le Globe avec un article de Jean-Jacques Ampère qui fait son éloge en affirmant qu’il « compose comme Callot, invente comme les Mille et une nuits, raconte comme Walter Scott ».

Le célèbre auteur écossais, alors figure essentielle de la scène littéraire, voit cependant dans Hoffmann un rival à abattre, et veut jeter le discrédit sur le nouveau genre fantastique, « où l’imagination s’abandonne à toute l’irrégularité de ses caprices ». Les admirateurs d’Hoffmann méprisent l’avertissement de Scott, et continuent à livrer leurs éloges dans La Revue de Paris notamment, Saint-Marc Girardin et Loève-Veimars à leur tête. Une âpre querelle littéraire éclate alors en décembre 1829 entre Walter Scott et Loève-Veimars à l’occasion de la parution de la première édition des Contes fantastiques (traduits par ce dernier) chez Renduel en quatre fascicules illustrés. Cette édition d’un choix de contes (les textes privilégiés étant les plus ‘‘fantastiques’’), dans une traduction élégante mais surtout très infidèle, accompagnée des illustrations de Gavarni, ainsi que la biographie romancée rédigée par le traducteur, constituent la première contribution importante à l’élaboration du mythe romantique d’Hoffmann : Loève-Veimars en effet fait de ‘‘son’’ auteur le parangon de l'artiste romantique, génie incompris, à l’existence pathétique, miné par la boisson et la maladie, cette légende biographique servant d’explication à l’excentricité des textes présentés ainsi que de référence pour le nouveau genre littéraire fantastique. Hoffmann et son art littéraire sont donc érigés en exemple du nouveau romantisme contre la vieille école représentée par Scott, caractérisée par le ‘‘bon goût’’ et les préjugés. La nouvelle esthétique romantique au contraire fixe le mouvement comme révolutionnaire et voulant assurer la liberté et l’autonomie complètes de l’art.

Commence alors la vogue triomphale de l’auteur, dont une des preuves les plus manifestes est la traduction, dès février 1830, et la publication de quatre volumes de ses œuvres par Toussenel, rival de Loève-Veimars. Hoffmann de plus en plus devient une légende, un personnage mythique, et même un personnage d’œuvres littéraires, comme dans Entre onze heures et minuit, d’Alphonse Brot, ou encore Kreyssler, de Jules Janin (œuvre d’ailleurs signée, lors de sa publication dans l’artiste, du nom même d’E.T.A. Hoffmann). À cet engouement succède une mode forcenée, caractérisée par de nombreuses imitations de piètre qualité, que vient interrompre en 1833 une réaction négative de la part même des premiers défenseurs de l’écrivain : Théophile Gautier publie Onuphrius, ou Les vexations fantastiques d’un admirateur d’Hoffmann, qui montre les ravages occasionnés sur un esprit trop faible par le goût immodéré des Fantasiestücke, tandis qu’au bout de vingt volumes (mais dans lesquels toutefois ne figurent ni Les élixirs du diable, ni Le vase d’or), Loève-Veimars renonce à poursuivre sa traduction. L’auteur allemand conserve malgré tout dans le même temps de fervents admirateurs, telle George Sand, comme en témoigne sa Lettre d’un voyageur du 2 septembre 1836 : « poète amer et charmant, ironique et tendre, enfant gâté de toutes les Muses… ».
Enfin, 1836 marque la dénonciation de la légende romantique d’Hoffmann par quelques intellectuels, et à leur tête Henri Egmont, qui entreprend à son tour la traduction des œuvres complètes. Il cherche en effet à rétablir dans sa préface la vérité historique sur le personnage de l’auteur, et le même souci de vérité le pousse à réparer les erreurs et les mutilations de la traduction de Loève-Veimars : Egmont insiste particulièrement sur la mauvaise traduction du titre par "contes fantastiques", qu’il ne reprend que pour satisfaire et se plier à la tradition. Gautier lui aussi propose une nouvelle analyse littéraire plus réfléchie et plus approfondie, pour arriver à la conclusion qu’ « il faut dans la fantaisie la plus folle et la plus déréglée une apparence de raison, un prétexte quelconque, un plan, des caractères et une conduite », dénonçant par là les abus dont ont fait preuve les imitateurs d’Hoffmann (article publié pour la première fois dans la Chronique de Paris du 14 août 1836 sous le titre « Contes d'Hoffmann »).
Les traces littéraires hoffmaniennes chez les grands auteurs français [modifier]
Charles Nodier, l’auteur de Du fantastique en littérature (1830), semble s’être inspiré de Princesse Brambilla pour la composition de son chef-d’œuvre, La fée aux miettes (1832). Les intrigues des deux contes présentent en effet quelques analogies : un héros rêveur et fou d’amour (Giglio / Michel) croit aimer une femme merveilleusement belle et riche ; leur misérable demeure sera transfigurée en un palais de rêve… La même symbolique de l’idéal de rêve qui fonde la réalité du bonheur habite ainsi les deux œuvres.

Dans sa nouvelle de 1831, La cafetière, Théophile Gautier cherche à créer des effets semblables à ceux d’Hoffmann : « comme son modèle, il conte à la première personne et mêle au récit des indications familières qui donnent à l’invention une couleur d’authenticité », nous dit P.-G. Castex (Le conte fantastique en France de Nodier à Maupassant, Paris, Librairie José Corti, 1951, p.217). D’autre part, Gautier fait un grand usage des thèmes traditionnels du fantastique, comme l’inquiétude apportée par la nuit, les objets qui prennent vie, l’intervention des portraits dans le monde des vivants, la correspondance entre le rêve et la réalité. L’intérêt pour les menus détails et le goût des descriptions minutieuses nous rappellent encore l’art du conteur allemand, tandis que l’héroïne, Angela, porte le même nom que celle de Bonheur au jeu, et que le héros s’appelle Théodore tout simplement comme Hoffmann lui-même. En 1841, Gautier livre par ailleurs un véritable pastiche des Fantasiestücke avec son conte Deux acteurs pour un rôle.

Il est peut-être possible que quelques scènes du roman historique de Victor Hugo, Notre-Dame de Paris (1831), aient été inspirées par L’homme au sable dont Loève-Veimars avait publié la traduction en 1830, et particulièrement le moment des préoccupations alchimiques de Frollo (l.V, ch.1), qui évoque étrangement les entretiens de même nature entre Nathanaël et Coppelius.

Le grand poète et dramaturge romantique Alfred de Musset, qui citait déjà Hoffmann à propos de Don Juan dans sa pièce Namouna (II, 24), a pour sa part tiré l’intrigue de son Fantasio de la biographie de Kreisler livrée dans Le Chat Murr.

Gérard de Nerval trouve quant à lui en la personne d’Hoffmann un « génie fraternel » (Castex, op. cit. p.283), dans la mesure où celui-ci « sépare si peu visiblement sa vie intérieure de sa vie extérieure qu’on aurait peine à indiquer d’une manière distincte les limites de chacune » (Nerval, avant-propos aux Aventures de la nuit de Saint-Sylvestre, Mercure, 1831, t. XXXIV) : quelle révélation en effet pour celui qui s’attachera à décrire dans la suite de son œuvre « l’épanchement du songe dans la vie réelle » (en 1855 dans Aurélia)… Des Aventures de la nuit de Saint-Sylvestre, Nerval traduit les deux premiers chapitres (notons aussi qu’il aidera quelque peu Egmont dans sa traduction des œuvres complètes), et des Elixirs du diable, il veut tirer le sujet d’un drame, Le magnétiseur. Dans Le Gastronome du 2 décembre 1830, il publie sous le titre « La liqueur favorite d’Hoffmann » une page sur les vertus du punch, « cette liqueur merveilleuse où se combattent les gnomes et les salamandres » (c’est-à-dire les génies de la terre et ceux des eaux). Enfin, un de ses contes, La main de gloire (1832), semble être composé dans le sillage d’Hoffmann, dans la mesure où il oscille sans cesse entre tragique et burlesque ainsi qu’entre fantaisie et réalisme. Les soirées d’automne, elles, mettent en scène le héros Théodore et son confident Lothaire, qui portent les mêmes prénoms que deux frères de Saint-Sérapion, tandis que celui de l’héroïne, Aurélia, est emprunté aux Élixirs du diable ; de plus, l’œuvre comporte plusieurs références explicites aux Aventures de la nuit de Saint-Sylvestre et à Don Juan (conte d’Hoffmann de 1814 écrit d’après le Don Giovanni de Mozart).
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Message  andersen le Ven 16 Jan - 23:40

Influence et postérité en Europe :

L'œuvre de Hoffmann a bénéficié par ailleurs d'une fortune considérable, dans des domaines aussi divers que la littérature, le cinéma, l'opéra ou la psychanalyse.

Hans Christian Andersen, le célèbre conteur danois, doit par exemple son premier succès littéraire à un récit fantastique directement inspiré d’Hoffmann, Promenade du canal de Holmen à la pointe orientale d’Amagre (1829). L’une des rares contributions espagnoles au fantastique romantique, le recueil Légendes (Leyendas, 1871) de Gustavo Adolfo Bécquer, montre les influences sensibles de grands romantiques allemands, tels Arnim, Heine, et surtout Hoffmann. Plusieurs écrivains russes ont eux aussi laissé sentir leur imprégnation du fantastique hoffmannien, tels Alexandre Pouchkine dans La dame de pique (1834) ou encore Nicolas Gogol dans « Le Nez » (in Nouvelles de Pétersbourg, 1836), où le fantastique se nourrit du réel et des multiples détails du quotidien pour exister. Par ailleurs, un groupe littéraire russe des années 1920, en période post-révolutionnaire et contre le futurisme de Maïakovski, revendiqua son attachement à la tradition classique russe, et se fit appeler Les Frères de Saint-Sérapion (1921), d’après l’œuvre du conteur allemand : menés par Victor Chklovski et Evgueni Zamiatine, ils revendiquaient la littérature comme une activité autonome où dominait l'imagination et l'indépendance créatrice. Peut-être enfin faudrait-il déceler quelques analogies entre les Fantasiestücke et les premiers écrits d’inspiration à la fois fantastique et réaliste de Franz Kafka, comme La Métamorphose (Die Verwandlung, 1915), où l’on peut voir encore, au milieu du mélange entre fantastique et réalisme bourgeois, l’image romantique de l’artiste incompris (la langue de Grégoire Samsa métamorphosé est devenue incompréhensible) si chère à Hoffmann. Nous pouvons enfin établir un parallèle entre la nouvelle de Natsume Sôseki Je suis un chat (1905-1906) et le célèbre Chat Murr (Lebensansichten des Kater Murr, 1822) : le récit de Hoffmann a sans doute été pour l'écrivain japonais un « stimulant », même s'il semblerait bien que Sôseki n'en ait pas eut une connaissance directe (cf. la préface de Jean Cholley à Je suis un chat, Gallimard / Unesco 1978, p.10).

Le septième art n’a pas lui non plus oublié l’œuvre de l’auteur romantique. Nous pouvons retenir notamment deux adaptations des Contes fantastiques : en 1914, en Allemagne, Richard Oswald tourne Hoffmanns Erzählungen, où il met en scène le grand comédien allemand d’origine roumaine Lupu-Pick ; et en 1951, Michael Powell et Emeric Pressburger réalisent The tales of Hoffmann, film uniquement chanté et dansé. Par ailleurs, si les Fantasiestücke et les autres pièces fantastiques de l’auteur allemand ont bien accédé aux formes d’expression modernes par le biais du cinéma, une preuve peut-être encore plus grande de leur richesse et de leur adaptabilité seraient leurs nombreuses réutilisations par l’art musical, en particulier l’opéra et le ballet : ainsi sont nés les célèbres Contes d'Hoffmann de Jacques Offenbach, Casse-Noisette de Tchaikovsky, mais aussi Coppélia (Léo Delibes) et Cardillac de Paul Hindemith. Les Kreisleriana de Robert Schumann par ailleurs tirent leur titre du personnage du maître de chapelle Kreisler, inventé par Hoffmann.

Sigmund Freud et Carl Gustav Jung ont quant à eux analysé son œuvre d'un point de vue psychanalytique.

Contes :

Fantaisies à la manière de Callot (comprenant Le Chevalier Gluck, Don Juan, Les Dernières aventures du chien Berganza, Le Magnétiseur, Le Vase d'or, Les Aventures de la nuit de Saint Sylvestre, Kreislerania), 1813-1815. Gérard de Nerval a traduit les deux premières parties des Aventures de la nuit de Saint Sylvestre (voir Les Romantiques allemands d'Armel Guerne, Desclée de Brouwer, 1956 et 1963, rééd. Phébus, 2004).
Le Petit Zachée, surnommé Cinabre, 1816.
Les Élixirs du Diable, 1816.
Contes nocturnes (comprenant L'homme au sable, Ignaz Denner, L'église des jésuites, Le Sanctus, La maison déserte, Le majorat, Le vœu, Le cœur de pierre), 1817.
Le vase d'or, 1819.
La Princesse Brambilla, 1820.
Le Chat Murr. Les sages réflexions du chat Murr entremêlées d'une biographie fragmentaire du maître de chapelle Johannès Kreisler présenté au hasard de feuillets arrachés, 1819-1821.
Frères de Saint-Sérapion (comprenant Les mines de Falun, Les automates, Mademoiselle de Scudéry, Maître Martin le tonnelier, Casse-noisette et le Roi des souris, L'enfant étranger, Signor Formica, Une Histoire de Fantôme...), 1819-1821.
Maître Puce, 1822.
Derniers contes (comprenant La marquise de la Pivardière, Les brigands, L'esprit élémentaire, Datura fastuosa, les sosies, La fenêtre d'angle de mon cousin, La guérison, Maître Johannès Wacht), 1821-1822.
Contes retrouvés (comprenant Les effets d'une queue de cochon, Monde moderne... gens modernes, Vision sur le champ de bataille de Dresde, Délicatesse française, Le dey d'Elbe à Paris, La princesse Blandina, Dernières aventures d'un aventurier, Étranges souffrances d'un directeur de théâtre, Haimatochare, Les méprises, Les mystères, Lettres de la montagne et Agréable satisfaction d'un besoin naturel), 1810-1820
Sœur Monika, roman attribué à Hoffmann, 1815.

Œuvres lyriques :

Les Joyeux musiciens, opéra, livret de Clemens Brentano, 1804.
Le Chanoine de Milan, opéra, livret d'Hoffmann, 1805.
La Croix sur la Baltique, drame de Zacharias Werner, 1805.
Amour et jalousie, opéra, livret d'Hoffmann, d'après Calderon, 1808.
Trois canzonette, 1808.
Ondine, opéra, livret de La Motte-Fouqué, 1814.
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